L’église

  L’église, de style Néo-Renaissance, est la quatrième de l’histoire de Kamouraska. Elle fut construite de 1914 à 1916, en partie sur les murs de la précédente incendiée en février 1914. À l’intérieur, on retrouve des pièces d’argenterie remarquables comme le bénitier (1839), la lampe du sanctuaire (1840) et un buffet d’orgue façonné par Louis-Thomas Berlinguet datant de 1850. Saint Louis, roi de France, est le patron de la paroisse probablement en l’honneur de Louis Aubert de Forillon, seigneur de Kamouraska de 1700 à 1713.

SITE DU PATRIMOINE – PLACE DE L’ÉGLISE DE KAMOURASKA

Dans un milieu exceptionnel, le long de l’avenue Morel bordée de nombreuses maisons remarquablement conservées, ce site comprend l’église, le cimetière, le presbytère et l’ancien couvent (1851-1853), aujourd’hui occupé par le Musée régional de Kamouraska.

Le site a une valeur d’ancienneté du fait qu’une église y avait été érigée dès 1791, incendiée en 1914, puis reconstruite par l’architecte Joseph-Pierre Ouellet sur le même emplacement. L’intérieur rappelle l’église précédente et elle se présente dans son intégrité comme au lendemain de sa construction avec un mobilier intact. En face de l’église, un monument commémore la mémoire de René Chaloult, père du drapeau québécois, et jouxte la statue de la Vierge, créant un ensemble paysager d’intérêt.

Le presbytère (l847-1849), cité monument historique en 1997, constitue un bel exemple de l’architecture néo-classique. Ses qualités architecturales, particulièrement son parement d’origine fait de planches de bois imitant la pierre de taille, sa fenestration généreuse, son toit aux larmiers incurvés et sa longue galerie couverte, rehaussent la valeur de l’îlot paroissial.


Valeur historique: Le site a une valeur d’ancienneté du fait qu’une église y avait été érigée dès 1791. Incendiée en 1914, elle a été reconstruite sur le même emplacement, mais en avançant la façade de quelque 15 pieds. Orientée à l’est et longeant le chemin sur son flanc gauche, l’église reprend le mode d’implantation traditionnel, ce qui ajout à l’intérêt du site. Le presbytère et le couvent qui complète l’îlot paroissial remontent au milieu du XIX siècle.

Valeur architecturale et artistique: Joseph-Pierre Ouellet, architecte de la reconstruction, a conçu l’extérieur et l’intérieur du nouveau temple (1914-1916). Il semble qu’il ait dû tenir compte de la volonté des paroissiens en rappelant l’église précédente (selon les travaux de 1883). Il offre toutefois un extérieur intéressant par sa volumétrie et la couleur chaude de la brique. L’intérieur s’inscrit dans la plus pure tradition néoclassique, et les quelques œuvres d’art, contemporaines de la reconstruction, en rehaussent le décor. Le buffet d’orgue, de Louis-Thomas Berlinguet, constitue un point d’intérêt.

Valeur d’authenticité: La valeur de cette église tient à son intégrité tout à fait exceptionnelle. Elle se présente comme au lendemain de sa construction et, chose très rare, le renouveau liturgique des années 1960 n’a pas eu d’emprise sur son aménagement intérieur. Tout le mobilier est intact: la chaire, le banc d’œuvre, les balustrades du chœur, les autels latéraux et même le baptistère et le banc du gardien, placés au revers de la façade. Le même constat vaut pour la sacristie et le chemin couvert.

Valeur patrimoniale: L’église Saint-Louis possède une valeur patrimoniale d’intérêt régional en raison de son état de conservation remarquable. L’excellent état de l’édifice démontre l’attachement des paroissiens à leur patrimoine religieux, à l’instar de leurs prédécesseurs qui, en 1914, avaient voulu donner à la nouvelle église une forme semblable à la précédente. La qualité architecturale du presbytère est aussi à souligner.


ÉVALUATION DES CRITÈRES D’OPPORTUNITÉ

État physique: L’édifice est en très bon état et ne requiert que des travaux d’entretien réguliers. Il faudrait repeindre toutefois les fenêtres de la sacristie le plus tôt possible.

Milieu environnant: L’église occupe un lieu exceptionnel, le long de l’ancienne route bordée par de nombreuses maisons remarquablement conservées. La présence du Musée de Kamouraska (ancien couvent) est un atout pour la découverte du patrimoine religieux.

Recommandations: Les biens à l’étude font déjà l’objet d’une protection municipale. Le presbytère a été cité monument historique en 1997 et le site de l’église est en voie d’être intégré dans un site du patrimoine, incluant le cimetière et le musée. Notre seule recommandation porte sur la conservation des dépendances du presbytère, l’ancienne écurie transformée en garage et le pavillon de jardin. L’intérieur de la maison curiale est également à conserver dans son intégralité.

Madame Hélène Bourque
historienne de l’architecture, décembre 2000


Cette évaluation a été faite par Madame Hélène Bourque dans le cadre d’un projet de mise en valeur du patrimoine religieux au Kamouraska, en collaboration avec la MRC et le Ministère de la Culture. Conséquemment, le Kamouraska se dote d’une banque de données extraordinaire pour appuyer ses efforts de mise en valeur du patrimoine religieux, pour favoriser une connaissance fine de ce patrimoine et, de ce fait, pour soutenir ses activités de formation et d’interprétation requises dans un programme de mise en valeur.