Randonnée patrimoniale

Circuit du patrimoine

Une petite balade dans le village de Kamouraska vous convaincra de l’importance de son héritage historique, culturel et naturel. Les demeures ancestrales et les personnages que vous découvrirez ne sont que quelques exemples de la diversité des richesses de Kamouraska et de sa région.

 

Maison Casgrain-Michaud
65, avenue Morel

Cette monumentale maison bien conservée, comptant vingt pièces, nous présente un élément architectural que l’on retrouve sur plusieurs habitations de la région : le larmier cintré qui unit par une courbe le toit et les murs de façade.

En 1802, Pierre Casgrain, marchand de Rivière-Ouelle, achète d’André Ouellet, maître-menuisier, cette maison que l’on dit de 35 pieds sur 25 pieds alors en construction. Il y ouvrira par la suite un magasin général. En 1812, Amable Dionne, l’associé de Pierre Casgrain et futur seigneur des Aulnaies et de La Pocatière, occupe cette demeure qu’il achètera le 9 août 1813. En 1820, il acquiert une partie du terrain de la Fabrique, ce qui lui permet d’agrandir sa maison par les deux extrémités et de lui donner les mesures que l’on connaît aujourd’hui, soit 70 pieds sur 30 pieds.

De 1848 à 1928, cette grande maison passera entre les mains de Pierre Pelletier, marchand (1848 à 1862); de Joseph-Gabriel Pelletier, notaire (1862 à 1884); de Jos. Hamel et frères, marchand de Québec (1884 à 1885); de Cyrias Ouellet, entrepreneur (1885 à 1922) qui la vendra à son gendre, Georges Drapeau (1922 à 1928) qui y tiendra la succursale de la Banque Provinciale. C’est en 1928 que David Michaud, alors commis à la banque, l’achète. Elle appartient aux descendants de la famille Michaud depuis ce temps.

N.B. Cette propriété abrite le gite La Belle Blanche

 

L’ancien couvent
69, avenue Morel

En 1850, la Fabrique Saint-Louis vendait un terrain à la Commission scolaire afin que les jeunes filles de la paroisse puissent jouir des bienfaits de l’éducation.

Le couvent fut construit en 1851 et fut d’abord habité par les Frères des Écoles Chrétiennes dont l’Académie avait été la proie des flammes en 1853.

Par la suite, ce sont les religieuses de la Congrégation Notre-Dame qui s’y installèrent, de 1856 à 1918. Les Soeurs de l’Assomption prirent la relève en 1918 et assurèrent la formation des écoliers jusqu’en 1975.

Au fil du temps, l’édifice a connu plusieurs travaux qui lui ont donné l’aspect qu’on lui connaît maintenant. Aujourd’hui, l’ancien couvent appartient à la municipalité et sa vocation est communautaire. Le Musée régional de Kamouraska y loge et le rez-de-chaussée abrite le bureau d’accueil touristique, la bibliothèque municipale de même que les locaux du Cercle des Fermières.

 

Le presbytère
76, avenue Morel

Le presbytère fut construit entre 1848 et 1849, de style néo-classique. Le décor de la galerie date de la fin du XIXe siècle et est de style néo-Reine-Anne-Eastlake.

C’est dans un contexte de prospérité que le village grouillant de Kamouraska, alors chef-lieu du comté, installe son curé dans un tout nouveau presbytère. L’abbé Joseph-Honoré Routhier, curé de Kamouraska de 1846 à 1852, préside l’élection des syndics pour en diriger la construction le 16 novembre 1847. Elle débute vraisemblablement en 1848 et le constructeur (probablement François Routhier, père du curé) promet d’en terminer les travaux pour le mois de juillet 1849.

Le presbytère fut déclaré «site du patrimoine» par la municipalité en 1998. Des travaux de restauration exécutés en 2000 lui ont fait retrouver l’aspect qu’il devait offrir au début du XXe siècle.

 

L’église Saint-Louis
avenue Morel

  • Construite de 1914 à 1916;
  • Architecte : Joseph-Pierre Ouellet (de Québec)
  • Patron : saint Louis, roi de France (probablement en l’honneur de Louis Aubert de Forillon, seigneur de Kamouraska de 1700 à 1713);
  • Style : Néo-Renaissance

Les deux premières églises de Kamouraska furent édifiées à environ deux kilomètres à l’est de celle-ci. Le site aujourd’hui connu sous le nom de «Berceau de Kamouraska» fut de 1709 à 1791 le centre religieux de la paroisse Saint-Louis-de-Kamouraska. Mais voilà que vers 1781, Joseph-Amable Trutault (curé de Kamouraska de 1755 à 1800) élabore patiemment le projet de déplacer le centre religieux à son emplacement actuel. En 1791, on construit enfin la troisième église. Dans la nuit du 11 au 12 février 1914, elle est la proie des flammes. Entre 1914 et 1916, on reconstruit sur les mêmes murs. Le plan général de l’église actuelle reproduit sensiblement l’aspect de la troisième. On y retrouve de l’orfèvrerie de François Sasseville et le remarquable buffet de l’orgue est l’oeuvre de Louis-Thomas Berlinguet qui l’avait façonné pour l’église de Saint-Roch de Québec en 1850.

La place de l’Église, qui inclue l’ancien couvent, le presbytère, le cimetière, le parc Chaloult et, bien entendu, l’église, fut déclarée «site du patrimoine» par la municipalité en 2001.

Pendant la saison estivale, des artistes regroupés sous le nom de Groupe Reg’Art y animent une galerie d’art (porte à l’arrière de l’église).

Pour plus de détails,
consultez notre page sur l’Évaluation de l’église de la paroisse de Saint-Louis de Kamouraska.
Consultez également le site Web de l’Inventaire des lieux de culte du Québec.

Nicolas-Tolentin Hébert

L’abbé Nicolas-Tolentin Hébert s’installe au presbytère de Kamouraska en 1852 et y oeuvrera jusqu’en 1888. Il succède à l’abbé Routhier. Mais avant d’être «promu» à la cure de Kamouraska, Hébert était curé de Saint-Pascal (de 1840 à 1852). Il y fut le principal organisateur de la Société de colonisation de L’Islet et de Kamouraska, fondée en 1849. Cette année-là, l’abbé Hébert forme une équipe de 44 hommes provenant de Saint-Pascal, de Saint-Denis-De La Bouteillerie et de Kamouraska pour aller défricher le canton Labarre au Lac Saint-Jean. Ils furent les pionniers de la colonisation au Lac Saint-Jean et y fondèrent Hébertville.

Nicolas-Tolentin Hébert est né à Saint-Grégoire de Nicolet le 19 septembre 1810. Il fut curé de Kamouraska de 1852 à 1888, année de sa mort survenue le 17 janvier. Il est inhumé dans la crypte de l’église.

 

Maison Victor-Bélanger
82, avenue Morel
Maison de style néo-Reine-Anne, version «stick». Elle fut construite pour le capitaine Victor Bélanger en 1903 d’après les plans de l’architecte Thomas Raymond de Québec.

L’ornementation des maisons de style néo-Reine-Anne est généreuse. D’un plan complexe et plutôt carré, elles sont ornées d’un oriel (bow-window) central dans la version «stick». Les murs de la maison Victor-Bélanger sont recouverts de planches à clin entre de faux colombages, éléments caractéristiques de la version «stick». Sa galerie ornée touche trois façades et est recouverte d’une toiture en tôle «à baguette» alors que celle de la maison l’est de tôle «à la canadienne».
Depuis 1995, la maison Victor-Bélanger abrite la Boulangerie Niemand. Pour répondre aux besoins de la boulangerie et à ceux de ses propriétaires, la maison a été agrandie de façon harmonieuse sur trois façades en 1998. Denise Pelletier et Jochen Niemand ont reçu le Prix du Patrimoine du Bas-saint-Laurent en 1999, catégorie «conservation et restauration».

N.B. Cette propriété est privée. Seuls les locaux de la boulangerie sont accessibles au public.

René Chaloult
Père du drapeau fleurdelisé.

C’est dans le parc Chaloult, devant l’église, que se dressait la maison ancestrale (incendiée en 1922) de la famille Chaloult, derniers seigneurs de Kamouraska de 1874 à 1941.

René Chaloult naît à Québec le 26 janvier 1901. En ce début de siècle, plusieurs espèrent voir l’Union Jack (le drapeau de la Grande-Bretagne) descendu pour de bon de la tour du Parlement du Québec. Malgré plusieurs esquisses et tentatives, on n’arrive pas à s’entendre sur l’emblème. Député de Kamouraska de 1936 à 1939, René Chaloult demande inlassablement un drapeau pour le Québec. À partir de 1946 il insiste plus particulièrement et exige un drapeau qui symbolise les aspirations du peuple du Québec. Finalement, le 21 janvier 1948, le drapeau fleurdelisé flotte pour la première fois sur la tour du Parlement du Québec.

René Chaloult :

  • né à Québec le 26 janvier 1901;
  • député de Kamouraska de 1936 à 1939;
  • député de Lotbinière de 1939 à 1944;
  • député de Québec comté de 1944 à 1952;
  • décédé à Québec le 20 décembre 1978;
  • inhumé à Kamouraska. Sur son monument funéraire, on peut lire l’inscription suivante : «Père du drapeau fleurdelisé».

Pour plus de détails, visitez les sections des sites Internet suivants :
de  M. René Chaloult et du Drapeau national – Histoire.

 

 

L’ancien palais de justice
111, avenue Morel

L’architecture de l’ancien palais de justice est caractérisée par une abondance de décors et par une imagerie médiévale qui emprunte leurs formes à divers styles : le Second Empire, la Renaissance française et le style «château» en vogue au Québec lors de sa construction.

Construit en 1888 sur l’emplacement du premier palais de justice de la Cour Supérieure, il rappelle qu’au milieu du 19e siècle, Kamouraska était le chef-lieu d’un district judiciaire qui couvrait le territoire que l’on nomme aujourd’hui le Bas-Saint-Laurent. C’est dans cet édifice que siégeait la Cour de circuit et qu’étaient logés le bureau d’enregistrement et les bureaux du conseil de comté de Kamouraska jusqu’en 1913.

De nos jours, il est animé par le Centre d’art de Kamouraska (autrefois nommé la Corporation de l’Ancien Palais de Justice) qui y présente divers événements culturels et expositions d’oeuvres d’art. Son sous-sol abrite aussi les locaux du Centre des loisirs de Kamouraska. L’édifice appartient à la municipalité qui l’a cité «site du patrimoine» en 1992 avant de procéder à des travaux importants de restauration en 1996.

Pour plus de détails, visitez notre section L’ancien palais de justice
ainsi que le site Internet du Centre d’art de Kamouraska.

 

Maison Isaac-Miville-dit-Deschênes
132, avenue Morel

Cette jolie petite maison fut acquise par Normand Lauzier en 1981.

Elle fut construite de 1809 à 1810 par Bénoni Martin, maître menuisier, à l’époque où Pincourt était en voie de devenir le village prospère de Kamouraska. Bien située au centre du hameau, la terre de Bénoni Martin se prêtait bien au lotissement et à la construction. La maison n’était d’ailleurs pas encore terminée que déjà le navigateur Isaac Miville dit Deschênes l’achetait, le 11 avril 1810.

L’effervescence qui règnera par la suite au village attirera artisans et commerçants. C’est ainsi qu’au nombre de ses propriétaires, la maison Isaac-Miville-dit-Deschênes comptera le marchand Jean-Marie Bélanger (de 1817 à 1825), le forgeron Joseph Sirois dit Duplessis (de 1825 à probablement 1841), le marchand Amable Dionne (qui la revendra en 1842), la modiste Éléonore Sirois dit Duplessis et son mari le pilote Joseph Phocas dit Raymond (de 1844 jusqu’au décès d’Éléonore en 1888), le cordonnier Clément Lallemand (de 1895 à 1903), l’ouvrier en bois Ernest Laplante (de 1909 à 1916).

Ainsi, cette modeste maison voisine de résidences bourgeoises plus cossues fut elle aussi l’une des actrices du développement excitant du village. Elle témoigne encore dignement du rôle important joué par tous ces artisans, ces marins et ces commerçants.

N.B. Cette propriété est privée.

 

L’ancien bureau d’enregistrement
136, avenue Morel

Cette maison à l’architecture inspirée du style second-empire a servi de premier bureau d’enregistrement pour le comté de Kamouraska de 1881 à 1890. Pour se conformer au code municipal qui exigeait que les actes notariés soient conservés en un même lieu public pour chacun des comtés, la Corporation du Conseil de comté de Kamouraska l’acheta de l’avocat de la Couronne Pascal-Vinceslas Taché en 1881. Taché avait acquis le terrain du notaire Polydore Langlais en 1879. L’édifice fut donc construit entre 1879 et 1880. À cette époque, Kamouraska était le chef-lieu du comté. Notaires, juges et avocats y résidaient, le palais de justice y avait été établi, Kamouraska était le centre administratif et judiciaire de la région.

En 1887, jugeant la voûte de sécurité de l’édifice défectueuse, le Conseil de comté a demandé au gouvernement de déménager le bureau d’enregistrement dans la Cour de circuit qui était alors en construction (l’ancien palais de justice d’aujourd’hui). La bâtisse et le terrain furent donc vendus au mécanicien Jean-Batiste Bélanger entre 1891 et 1892. Il est intéressant de noter que par la suite plusieurs navigateurs en furent propriétaires : Jean-Baptiste Bélanger fils, de 1892 à 1894, et son épouse Arthémise Potvin jusqu’en 1902; Jean Deschamps, de 1902 à 1925; Joseph-Étienne Leclerc, de 1928 à 1951; Joseph Madore, qui l’avait acquise de son père Pierre Madore en 1963 et qui l’a vendue à Françoise Marceau en 1998. Notons aussi que Joseph-Étienne D’Anjou, charretier de Saint-Pascal , en fut propriétaire de 1925 à 1928 et que le marchand Auguste Michaud, aussi de Saint-Pascal, l’a possédée pendant un mois en 1928.

N.B. Cette propriété est privée.

 

Villa Thomas Ward
125, avenue Morel
Au rythme de l’histoire et de l’hospitalité.

En 1819, le marchand Pierre Dumas de Québec fait construire une maison mesurant quarante-cinq pieds de longueur par trente pieds de largeur par les maîtres-charpentiers Bénoni et Jean-Baptiste Martin. C’est à sa vocation d’auberge qu’elle doit sa transformation, il y a plus de cent ans, en villa à toit mansardé mesurant soixante-dix pieds et comptant alors quatorze chambres à l’étage et neuf pièces au rez-de-chaussée.

Adolphe-Basile Routhier, avocat, juge, professeur de droit à l’Université Laval, écrivain et ardent patriote en est propriétaire de 1864 à 1891… «près du fleuve géant»!

À l’été de 1880, la Société Saint-Jean-Baptiste prépare fébrilement la «Grande convention nationale des Canadiens-français» du 24 juin à Québec. Pour l’occasion, on souhaite la création d’un chant national dont le peuple canadien-français sera fier. Adolphe-Basile Routhier compose alors un poème héroïque que Calixa Lavallée mettra en musique. C’est le «O Canada» dont l’exécution au banquet de la Saint-Jean-Baptiste soulève l’enthousiasme général. Il faudra attendre 100 ans pour que l’hymne national des Canadiens-français devienne l’hymne national du Canada.

La maison porte le nom de «Kamouraska Hotel» au temps des Ward (1891-1932) puis le couple Marie et Joseph Langlais (1931-1972) qui y ont tenu une pension de famille réputée lui donne le nom de Villa Saint-Louis, nom qu’elle a eu de 1979 à 2016. Par son architecture et par son décor intérieur préservé dans toute la mesure du possible, elle demeure un témoin authentique du Kamouraska touristique du XIXe siècle.

N.B. Cette propriété abrite aujourd’hui le gite « Villa Thomas Ward« 

 

Maison Dessaint-Pelletier
129, avenue Morel

Le 6 mai 1867, le marchand Pierre Dessaint donne cette terre de 2 arpents de front à son fils Isaïe, lui aussi marchand. Il s’agit de la terre ayant déjà appartenue à Pierre St-Jorre dit Sergerie. L’acte de donation mentionne qu’il s’y trouve une maison de même que divers bâtiments de ferme. Il ne s’agit pourtant pas de la maison actuelle car le 7 février 1874, Isaïe Dessaint  cède à son père, Pierre Dessaint, et sa belle mère, Angèle Castonguay, un terrain de 3 perches de front par 1 arpent de profondeur avec une maison dessus construite. La maison est récente car le contrat mentionne des sommes d’argent qui ont été dépensées pour en terminer la construction. On peut donc conclure qu’elle fut construite entre 1867 et 1874. De 1872 à 1884, les difficultés financières des Dessaint font en sorte que la terre passe des mains de Marie-Eugénie Bourget (veuve d’Isaïe Dessaint) à celles de son beau-frère Tibure Dessaint. En 1884, la terre est vendue à Jean-Baptiste Pelletier. Cependant, l’emplacement occupé par Pierre Dessaint lui est réservé pour «sa vie durante».

De 1889 à 1903, la terre est occupée par Narcisse et Étienne Pelletier (fils de Jean-Baptiste) qui en 1903 décident de la partager entre eux. En 1919, Étienne laisse la terre à son fils Henri Pelletier par testament. En 1965, Henri vend sa terre à son fils Georges-Henri Pelletier qui, à son tour, la vend à ses deux fils Mario et Bernard Pelletier en 1993. La famille Pelletier se transmet donc cette propriété de père en fils depuis plus de 120 ans.

N.B. Cette propriété est privée.

 

Maison Michel-Cordeau-dit-Deslauriers
141, avenue Morel
«La maison aux volets bleus»

Le marchand Michel Cordeau dit Deslauriers a acheté ce terrain en 1795. Il donne ensuite la propriété à son fils Jean en 1812, avec la maison dessus construite. Cet acte de donation atteste donc de la présence de cette demeure à cette époque mais elle pourrait être plus ancienne. Les Cordeau dit Deslauriers en seront propriétaires jusqu’en 1860 alors qu’elle est vendue au juge J. André Taschereau, de la cour supérieure de Kamouraska. Le juge prend à son service un couple d’immigrants irlandais, Michael Carroll et son épouse Margaret Campbell, à qui il lèguera la maison en 1867. Henry George Carroll y naîtra le 31 janvier 1865. D’abord avocat, député, solliciteur général et juge, il devient ensuite Lieutenant-gouverneur du Québec, de 1929 à 1934. Il meurt le 20 août 1939 et est inhumé à Kamouraska.

Cette maison d’esprit français fut, tout au long du XIXe siècle, une maison bourgeoise. Elle offre de beaux exemples d’une architecture soignée, aux proportions élégantes. On notera en particulier la ligne cintrée des larmiers (ou corniches) : la verticalité des murs et l’horizontalité du toit sont unies par une double courbe, celle du toit qui s’incurve en descendant, et la courbe du larmier lui-même, qui est devenue une caractéristique de plusieurs maisons de la région du Kamouraska. On remarquera aussi les pilastres et l’entablement de la porte d’entrée, inspirés des goûts néo-classiques de l’époque.

N.B. Cette propriété est privée.

 

Maison Ward
180, avenue Morel

Selon la tradition familiale, cette maison fut construite par le menuisier charpentier Thomas Ward. Né en Irlande, il serait arrivé au Canada vers 1848 à l’âge de 13 ans. Dans les années 1830-1840, la misère pousse des milliers d’Irlandais à fuir leur pays. Thomas Ward quitte sa terre natale avec son père, son frère et sa soeur, sa mère étant déjà décédée. Le père de Thomas serait mort du typhus à bord du bateau et les enfants auraient été adoptés par des familles de la Grosse Île, en face de Montmagny. Plus tard, Thomas aurait été «placé» sur la terre de Louis-Philippe Chaloult à Kamouraska. Nous savons toutefois avec certitude que le 22 mai 1857 Ward achète une propriété dans le village de Kamouraska. Il la revend en 1863. Le 26 février 1864, il fait l’acquisition d’un terrain du menuisier charpentier Charles Tremblay. Le 1er juillet 1865, Ward hypothèque sa propriété sur laquelle il y a maintenant une maison. La demeure que nous pouvons contempler encore aujourd’hui fut donc construite entre 1864 et 1865.

En 1876, Thomas meurt à l’âge de 41 ans. Hortense Chouinard, sa veuve, doit subvenir aux besoins de leurs cinq enfants. Elle ouvre sa maison aux villégiateurs et loue des chambres, parfois la maison entière. Toute la famille doit parfois déménager dans le fournil, situé à l’arrière de la maison. À l’époque, cette pratique est très répandue à Kamouraska où les citadins viennent se refaire une santé et «prendre les eaux».

Cette fière résidence de style néo-classique a abrité les descendants de Thomas Ward, dont la famille Richard, jusqu’en 1985, année où elle fut vendue à Cécile Lachance. Achetée par Andrée Tourigny et Robert Desmarais en 1995, c’est à ces derniers qu’elle doit une cure de rajeunissement qui lui donne cette allure si joyeuse.

N.B. Cette propriété est privée.

 

Maison Miller
184, avenue Morel

Cette maison fut construite par Jérémie Tremblay en 1862. Son premier propriétaire était un avocat de Kamouraska, Louis-Alphonse Miller. Au nombre des autres propriétaires, on compte Alexis et Henriette Dessaint (1874-1905), Berthe Watkins (1922-1936), James et Mary Lloyd (1936-1956), Paul-Émile et Noëlla Fiset (1952-1967). Suzanne Dupuis l’avait acquise en 1967 et l’a vendue en 2000 à André Tourigny et Robert Desmarais.

Maison québécoise néo-classique d’esprit pittoresque construite «pièce sur pièce», elle présente certaines caractéristiques d’un modèle «anglais».

Sa simplicité, ses proportions agréables, sa symétrie, son toit à deux eaux et son solage peu élevé sont autant d’éléments révélateurs de la mise au point d’un modèle uniforme sur lequel vient se greffer un vocabulaire architectural classique, comme les pilastres et l’entablement de la porte d’entrée. Remarquez le revêtement mural en déclin de bois à rainure imitant la pierre de taille ainsi que les persiennes de bois qui assurent une fraîcheur intérieure durant l’été. La cuisine d’été a été ajoutée vers 1920 et le solarium peu après. Le vitrail de la porte d’entrée est un ajout récent. La maison Miller témoigne de la vigilance des propriétaires successifs qui ont su sauvegarder ce patrimoine.

N.B. Cette propriété est privée.

 

Maison Charles-Tremblay
186, avenue Morel

Dans la famille Tremblay, on raconte que la maison fut construite pour Charles Fitzpatrick, qui fut lieutenant-gouverneur du Québec de 1918 à 1923. Une hypothèse récente voudrait cependant qu’elle fut peut-être construite pour son père, John Fitzpatrick, marchand de bois de Québec. Bien qu’ayant subie récemment des travaux de rénovation majeurs, l’architecture générale de cette maison s’apparente effectivement à celle que l’on s’attend de retrouver chez les maisons de notables. Le menuisier Charles Tremblay l’aurait-il construite dans le but de la louer à de riches estivants comme la famille Fitzpatrick ? Peut-être bien. À ce que l’on dit, à l’époque où la villégiature était florissante, la famille Tremblay louait sa maison aux villégiateurs. Mais rien ne prouve actuellement que les Fitzpatrick l’ont possédée.

La terre fut acquise en 1854 par Frédéric Tremblay, capitaine de milice et charpentier de Kamouraska. En 1862, Marie-Anne Phaucas dit Raymond, veuve de Frédéric Tremblay, donnait cette terre à son fils Charles Tremblay, menuisier et mécanicien. Ce dernier a épousé Démerise Dumais en 1865. Leur contrat de mariage mentionne que le futur époux possède une maison à l’emplacement de celle d’aujourd’hui. Aurait-elle été construite pour leur mariage ? Peut-être. Mais il semble aussi que sa construction pourrait remonter à plusieurs années auparavant. En effet, en 1857 Charles a hypothéqué le terrain avec la maison qu’il y avait dessus. La maison pourrait donc aussi être celle mentionnée en 1857. Chose certaine, la maison existait en 1873. Cette année-là, Charles Tremblay vendait sa terre mais en conservant le terrain situé du côté nord du chemin et la maison qui y est construite. Charles a repris sa terre deux fois avant de la donner, de même que la maison, à son fils Frédéric Tremblay en 1906. Frédéric l’a donnée à son tour à son fils Walter en 1929, qui l’a donnée à ses enfants (Jeannine, Yves, Georges-Henri, Colette et André) en 1986. Ces derniers la vendirent en 1990 à Andréa Bouchard et à Gilbert Dionne.

N.B. Cette propriété est privée.

 

Maison Jérémie-Tremblay
198, avenue Morel

C’est le 20 avril 1840 que Frédéric Tremblay, un jeune charpentier et menuisier de Kamouraska, achète du cultivateur François Mignault fils la terre où se trouve aujourd’hui la maison Jérémie-Tremblay. La maison de la ferme d’alors est probablement localisée du côté sud du chemin. En 1862, Marie-Anne Phaucas dit Raymond, veuve de Frédéric Tremblay, donne la terre à son fils Jérémie. Par la même occasion, elle donne une terre située au nord-est à son fils Charles, frère de Jérémie (voir la maison Charles-Tremblay).

Jérémie vend la presque totalité de sa terre en 1874. Il n’en conserve qu’une petite portion du côté sud du chemin et la partie qui s’étend du côté nord. Une hypothèque consentie en 1875 nous apprend qu’une maison est construite sur la propriété. En 1877, Jérémie hypothèque à nouveau sa propriété et cette fois-ci, deux maisons s’y trouvent construites : celle hypothéquée en 1875, du côté sud du chemin, et une nouvelle du côté nord. La maison Jérémie-Tremblay fut donc construite entre janvier 1875 et novembre 1877. En 1803, Jérémie Tremblay et son épouse Joséphine Roy dit Desjardins donnent cette maison à leur fils Jean-Baptiste.

Dans les années 50, elle appartient à George et à Hermina Robberecht, d’origine hollandaise, qui y opèrent une auberge connue sous le nom de «Dutch Inn». Par la suite, le marin Louis Tremblay vient terminer ses jours à Kamouraska en reprenant possession de la maison de son père Jean-Baptiste. En 1989, Rita Tremblay, soeur de Louis, succède à ce dernier dans la maison familiale.

C’est en mai 1999 que cette résidence plus que centenaire retrouve sa vocation d’auberge. Liette et Rita Lévesque ainsi que Henri Dionne et Yves Desbiens lui redonnent alors tout son charme et la rebaptisent «Auberge des îles». En 2004, Rita et Yves en deviennent les seuls propriétaires.

 

Maison Mignault-Lauzier
1, route Lauzier

(visible uniquement du trottoir, à la hauteur du 195 de l’avenue Morel)

Jusqu’en 2006, cette maison se dressait un peu plus au nord, au 193 de l’avenue Morel. Maison de ferme modeste et sans artifice, cette habitation nous ramène au temps où l’actuel village de Kamouraska n’était encore qu’un lieu-dit nommé Pincourt.

La terre où elle se dresse fut concédée à Pierre Roy (ancêtre des Lauzier) le 4 mai 1724. Après son décès en 1734, la terre a été partagée entre ses héritiers. De 1768 à 1789, son petit-fils André Mignault a racheté les parts de terre des héritiers. La transaction du 26 mars 1768 nous révèle qu’une maison se dressait sur la terre des Roy, mais le manque de détails descriptifs nous empêche de conclure avec certitude qu’il s’agit de celle-ci. Par contre, suite au décès de Rosalie Michaud son épouse, André Mignault a fait dresser l’inventaire de ses biens le 15 décembre 1798. On y apprend qu’il possède alors une maison en bois de 36 pieds sur 21 pieds, soit approximativement les dimensions de la demeure actuelle. Ce détail et une analyse architecturale sommaire nous permettent de croire que cette habitation est bien celle qu’habitait la famille d’André Mignault en 1798. Plusieurs années plus tard, soit le 3 avril 1856, Nicolas Roy dit Lauzier (arrière-arrière-petit-fils de Pierre Roy) a acquis la terre par le biais d’un échange fait avec Alexis Gagné. Transmise par la suite de père en fils, la maison est demeurée la propriété de la famille Lauzier jusqu’en 1983, année de sa vente par Réal Lauzier et Jeannine Drapeau son épouse à Paul Lévesque et à Jacqueline Gosselin. Ils la revendirent la même année à Gérard Drapeau, père de Jeannine, qui la vendit à son tour à son petit-fils Bernard Lauzier en 2004. Ce dernier la fit déménager à son emplacement actuel en 2006.

N.B. Cette propriété est privée.

La cabine de plage de la famille LeMesurier
Située à l’angle de l’avenue LeBlanc et de la côte Lemesurier.

William John, ou «W.J.», LeMesurier et Emily Andrews LeMesurier, de Québec, séjournent à Kamouraska dès 1882. La famille et leurs descendants ont perpétué cette tradition chaque été depuis ce temps.

William John et Emily ont d’abord loué une belle maison «canadienne» avec un terrain de deux arpents au milieu du village de Kamouraska. Ils ont finalement acquis la propriété en 1884.

Très heureux à Kamouraska, le couple et leurs neuf enfants adoraient se baigner dans le fleuve. Notant que leurs maillots de bain étaient un peu «choquants», le curé leur suggéra de se construire une «cabine de plage» ou «gloriette» sur le rivage, à la limite de leur propriété. Ils éviteraient alors de se montrer dans de tels accoutrements. C’est ainsi que vers 1890, la gloriette, construite à Québec, est arrivée à Kamouraska par goélette et fut placée au coin de leur terrain.

William John LeMesurier mourut en 1930. Quant à elle, Emily Andrews LeMesurier profita de ses baignades dans le fleuve chaque jour de l’été, qu’il pleuve ou non, jusqu’à sa mort en 1947 à l’âge de 96 ans. Ses filles Elga et Pearle léguèrent la propriété à leur nièce, Elga Ramsey Caddell. La maison, située sur l’avenue Morel, fut endommagée par un incendie en 1980. Elle fut reconstruite en respectant le plus fidèlement possible les plans originaux. La propriété appartient aujourd’hui à Andrew Caddell.

N.B. Cette propriété est privée.

 

Les quais de Kamouraska

Cliquez ici pour visiter notre section sur les quais.

 

 

Merci à tous ceux qui ont collaboré à la réalisation du circuit du patrimoine, spécialement aux propriétaires des lieux concernés :

  • Marie Drapeau et Denis Bossé (maison Casgrain-Michaud);
  • Denise Pelletier et Jochen Niemand, Boulangerie Niemand (maison Victor-Bélanger);
  • Normand Lauzier (maison Isaac-Miville-dit-Deschênes);
  • Françoise Marceau (l’ancien bureau d’enregistrement);
  • Martine Brault et Jacques Genest (la Villa Saint-Louis);
  • Lucie Bérubé, Mario et Bernard Pelletier (maison Dessaint-Pelletier);
  • Mathilde et Jacques Desautels (maison Michel-Cordeau-dit-Deslauriers);
  • André Tourigny et Robert Desmarais (maison Ward et maison Miller);
  • Bernard Lauzier (maison Mignault-Lauzier);
  • Andréa Bouchard et Gilbert Dionne (maison Charles-Tremblay);
  • Rita Lévesque et Yves Desbiens, Auberge des Îles (maison Jérémie-Tremblay);
  • Andrew Caddell (cabine de plage des Lemesurier);
  • la Fabrique Saint-Louis et la Municipalité de Kamouraska.

 

 

Nous vous suggérons aussi la visite de quelques lieux situés à proximité du village.

 

Domaine seigneurial Taché
4, Route 132 Est (avenue Morel)
Situé à environ 2 kilomètres à l’est de l’église, une grille de fer forgé ornée d’un cormoran annonce l’ancien domaine seigneurial de Kamouraska.

Autrefois, le manoir des seigneurs de Kamouraska s’y dressait, protégé des vents du nord par le cap.

Il fut ravagé par un incendie en 1885. Un petit bâtiment de pierres  abritant un puits demeure aujourd’hui l’héritage construit au temps des seigneurs. La vaste demeure qui se dresse maintenant sur l’emplacement  du manoir incendié fut construite en 1886.

Les lieux ont servi de plateau de tournage au téléroman «Cormoran» produit par la Société Radio-Canada au début des années 1990. Aujourd’hui, la vaste demeure  devenue auberge offre le charme des belles résidences kamouraskoises aux visiteurs.

 

Berceau de KamouraskaEnviron 3 kilomètres à l’est de l’église, sur la route 132

Ce site patrimonial commémore le premier centre civil et religieux du Bas-Saint-Laurent (1692 à 1791) à l’est de Rivière-Ouelle.

Pour plus de détails, visitez les sites Internet suivants :

 

Moulin Paradis
154, chemin du Moulin- Paradis
À environ 3 kilomètres au sud du village, dans l’un des nombreux méandres  de la rivière Kamouraska, un moulin fut érigé en 1804 pour moudre les principales céréales comme le blé, l’avoine et l’orge.

La structure en bois «pièce-sur-pièce» est lambrissée de bardeaux de cèdre. Son toit à mansarde présente une caractéristique originale puisque l’entrée principale s’y trouve percée. Deux turbines alimentées par la rivière Kamouraska  en actionnaient les meules jusqu’en 1977. Cette année là, la crue printanière de la rivière emporta le barrage et, du même coup, le «pouvoir» du moulin.

Le moulin a par la suite connu quelques heures de gloire grâce au téléroman «Cormoran» de Radio-Canada tourné au début des années 1990.

N.B. Cette propriété est privée.

 

Maison Lebel-Langlais
376, rang du Cap

Cette vaste résidence de pierres à quatre cheminées, fut érigée par Jean Le Bel vers 1754-1755. En 1759, lors de l’attaque de la Nouvelle-France par l’armée britannique, elle fut incendiée comme plus d’une centaine d’autres bâtiments à Kamouraska. Elle fut reconstruite sur les mêmes murs en 1760. La laiterie située à proximité daterait de 1783.
Au début des années 1970, le réalisateur Claude Jutra lui prêtait le titre de «manoir seigneurial» pour le tournage du film «Kamouraska», inspiré du roman d’Anne Hébert.

N.B. Cette propriété est privée.